Plateforme bilingue (Français - Anglais) d'échanges d'idées et de pratiques sur la problématique du développement du secteur privé, du partenariat public privé, de l'accès au financememt et de la croissance en Afrique - Bilingual web-based platform to exchange ideas and best practices on issues of private sector development, public private partnership, access to finance and competitiveness of African economy.
vendredi, décembre 14
Où Investir en Afrique en 2019? 7 Secteurs surs et rentables
J'ai trouvé ce contenu très informatif et utile pour la conscience des jeunes de la diaspora qui voudraient investir en Afrique. Ce qui est inouï, c'est que l'auteur propose des solutions pratiques.
Je viens de terminer une étude de marché pour une institution financière en Afrique de l'Ouest qui voudrait définir une offre spécifique pour le segment des PME. Curieusement, je suis arrivé quasiment aux mêmes conclusions. Alors, je vous invite à suivre ceci avec intérêt.
dimanche, janvier 7
Industrialiser l'Afrique et MAINTENANT
jeudi, novembre 16
Question d'un lecteur et abonné
Une fois sur le site, faites la recherche avec les mots clés "How to start a business" ou "How to come up with a good business idea". Vous pouvez aussi "Google" et vous trouverez beaucoup de ressources (articles, guides, présentations d'experts, etc.) à cet effet.
Il est essentiel de s'assurer que la demande va croître dans le temps de manière à porter le développement de la jeune l'entreprise. Il faut aussi garder à l'esprit que tout se passe dans un environnement concurrentiel (la plus grande menace pour toute entreprise) et que l'entreprise peut se faire emporter à tout moment si elle ne reste pas vigilante (la veille) et si elle ne se protège pas (la stratégie d'entreprise et l'avantage concurrentiel). Faut-il rappeler qu'environ 80% des entreprises meurent avant d'atteindre l'age de 5 ans selon une récente étude réalisée au Sénégal.
jeudi, mai 18
La chaîne de valeur et la compétitivité des produits agricoles
mercredi, mars 29
L'agriculture a le pouvoir de transformer les économies en Afrique
lundi, décembre 31
Mur ou falaise budgétaire, cela ressemble fort à la fin du monde!
Cordialement,
dimanche, décembre 25
Afrique, continent d’opportunités
La réalité est que les lignes ont bougé et que l'Afrique se trouve au tournant de son histoire. Le dernier rapport sur les progrès en Afrique élaboré par le Panel Africa Progress présidé par Koffi Anam confirme la tendance : « Celui qu’on qualifiait de continent désespéré il y a dix ans, est incontestablement devenu le continent de l’espoir ». Ceci n’est certainement pas un hasard, mais le fruit de vos efforts, les filles et fils d’Afrique. Ce n’est donc pas le moment de baisser les bras.
A la veille de la Nouvelle Année, je voudrais vous transmettre mes vœux de santé, de paix et de réussite et surtout d’encouragement afin que vous « transformiez vos essais en beauté » comme disent les amoureux du rugby.
Un Joyeux Noël à tous. Bonne et Heureuse Année 2012.
mardi, avril 12
L’accaparement des terres agricoles en Afrique
Les prix des produits agricoles flambent, la hantise des terres agricoles s'accentue. Selon le site farmlandgrab.org, de nombreux pays non africains se lancent dans une course effrénée pour acquérir des terres de culture en Afrique. La Banque Mondiale annonce que les transactions sur le foncier dans le monde portent sur 45 millions d'hectares de terres agricoles. Les principaux investisseurs sont actuellement les États du Golfe, mais la Chine, la Corée du Sud et plus récemment l'Inde. Les objectifs d'investissement sont principalement les pays d'Afrique, mais également l' Asie du Sud-Est et de l'Amerique du Sud.
Selon les estimations, la superficie des terres africaines achetées par des intérêts étrangers ces trois dernières années atteindrait 20 millions d'hectares, vendus ou loués pour des périodes allant de 50 à 100 ans, ce qui correspond à 10 fois le volume moyen de la décennie précédant l'année de la crise alimentaire. Les pays africains visés essentiellement, selon les statistiques de International Food Policy Research Institute (IFPRI) sont la RDC, le Mozambique, la Tanzanie, le Soudan, l'Ethiopie, Madagascar, le Mali, etc. Ces chiffres sont éloquents.
Alors que certains pays continentaux se posent en champions en encourageant le phénomène, d'autres mènent encore la réflexion sous la pression des organisations paysannes pour déterminer la conduite à tenir face à ce qu'il convient d'appeller (Walf Fadjri, 01 Fev 2011 ) la spoliation des terres des paysans africains et l'avenir de l'agriculture familiale.
Comme on le voit, la question est souvent abordée sous le prisme des relations Nord Sud, c'est-à-dire le Nord industrialisé qui s'accapare les terres des pays du Sud en développement. En réalité, Il y a deux aspects à la question que je voudrais mettre en exergue.
Investir à l'étranger pour assurer la sécurité alimentaire chez soi.Selon le Fonds International de Développement de l'Agriculture (IFAD), les pays arables comptent pour plus de cinq pour cent de la population mondiale mais moins d'un pour cent des ressources globales en eau. La faible teneur en eau de leur sol rend impossible l'agriculture à grande échelle. La conséquence logique est que les Emirats Arabes Unis (UAE) importent plus de 80% de leur nourriture. Pour se mettre à l'abri des fluctuations de marché, les Emirats Arabes Unis suivis d'autres pays du Conseil de Coopération du Golfe investissent énormément dans les terres agricoles à l'étranger à l'exemple de la Chine. Entre 2006 et 2008, les investissements agricoles des Emirats Arabes Unis à l'étranger se sont accrus de 45%. Ils se placent ainsi 3ème derrière la Chine et la Corée du Sud. En rapatriant la production réalisée à l'étranger, ces comptent non seulement assurer leur sécurité alimentaire, mais aussi réduire les coûts de 25%.
La spéculation sur les terres agricoles à des fins d'investissement. Jadis ignorée du monde non paysan, la terre agricole est aujourd'hui devenue à la fois un enjeu de compétitivité internationale et un instrument financier privilégié. Trouver la terre moins cher, partout où elle se trouve devient le leitmotiv. Quand il y a cing ans, les pays en forte croissance du Moyen Orient et d'Asie ont commencé à acheter les terres agricoles en Afrique, des voix se sont levées pour dénoncer l'accaparement des terres et l'exploitation. Maintement, les fonds souverains, les sociétés d'investissement ou de portefeuille de même que les firmes multinationales s'y sont mis à des fins essentiellement spéculatives. Les investisseurs étrangers semblent être particulièrement intéressés à faire des investissements directs dans la terre, soit par propriété inconditionnelle ou des baux à long terme. Ils sont en quête de ressources (terres et eaux) plutôt que de marchés.
Face à ces enjeux, quelle conduite à tenir pour les pays africains ? La réponse se trouve dans une politique macroéconomique rigoureuse, responsable mais ouverte aux investissements étrangers « désirés » afin de valoriser nos terres et impulser une croissance forte. Trois recommandations concrètes :
Première chose, c'est de réaliser que la terre n'est plus un « commodity », un bien ou un actif ordinaire, mais un patrimoine stratégique comme le port, l'aéroport, l'eau, le pétrole, la forêt et toutes autres ressources naturelles. Elle représente un avantage comparatif important dans le commerce international. Il y a donc lieu d'entreprendre des reformes urgentes et de revoir les codes fonciers dans nos pays pour intégrer cette dimension.
Deuxième chose : pouvoir identifier les acteurs et leurs motivations. Savoir distinguer les spéculateurs des investisseurs agricoles qui veulent la terre pour produire et exporter vers leurs pays et assurer la sécurité alimentaire et bioénergétique chez eux. Il est évident que l'exercice ne sera pas facile parce que les montages peuvent être bien ingénieux et complexes. Le principe de base est que quelle que soit la transaction, elle ne doit pas mettre en péril la sécurité alimentaire à long terme et l'équilibre social du pays hôte. Souvent, ce sont les gouvernements qui négocient les accords d'investissement en toute descrétion. L'opacité qui entoure ces transactions suscite des craintes que ces investissements étrangers ne produisent pas des bénéfices à long terme sur la croissance et le mieux être des populations. Pour cela, il faut mettre en place un conseil d'experts chargés d'étudier toutes les demandes introduites par aussi bien les investisseurs nationaux qu'internationaux lorsque la transaction porte sur des superficies dépassant un seuil, par exemple 1000 ha. Le conseil rendra son avis après un débat public impliquant les communautés concernées. Le risque d'accaparement est immense, ce qui signifie des opportunités sur les gens peu véreux. C'est pour cela que la notion de crime économique devra être introduite dans les législations afin de sanctionner les auteurs ou complices de malversations sur les terres agricoles.
Troisième chose : encadrer ces investissements étrangers et veiller à leur articulation avec les politiques sectorielles. En attendant la mise en place d'un code de conduite au niveau de la CEDEAO, chaque pays devra déterminer les règles régissant de tels investissements, y compris le toilettage du régime foncier, l'inventaire des terres et des sols, les mécanismes d'attribution et les normes pour les arrangements contractuels d'exploitation à moyen et long terme. Presque tous les pays disposent aujourd'hui d'un plan stratégique de développement et d'investissement décliné en feuille de route. Les choix ont été faits après de nombreuses études. Il faut résolument garder le cap tout en restant opportuniste et rigoureux.
vendredi, octobre 15
La norme ISO 26000
Publiée depuis le 1er novembre dernier, la Norme ISO 26000 est relative à la responsabilité sociétale des organisations. Deux petites clarifications pour mieux comprendre la suite.
Qu'est-ce que c'est qu'une norme ou un standard? La normalisation ou la standardisation est le fait d'établir respectivement des normes et standards industriels ou encore un référentiel commun et documenté destiné à harmoniser l'activité d'un secteur. Certains parlent de charte. Par exemple, la charte sanitaire des couvoirs pour le secteur de la volaille. Les normes souvent réalisées par des organismes spécialisés d'Etat ou des organisations créées par les professionnels d'un secteur d'activité donné sont utilisées pour simplifier les relations contractuelles et commerciales et servent à protéger le public ou précisément les utilisateurs ou les consommateurs de biens et services dans une économie de plus en plus mondialisée.
Qu'est-ce que c'est que l'ISO? Les organismes de normalisation sont nombreux. ISO (International Organization for Standardization ou en français, Organisation Internationale de Normalisation) est le plus important organisme de normalisation au monde. A ce jour, l'institution compte à son actif environ 18 300 normes destinées aux entreprises, aux gouvernements et à la société dans son ensemble. Les normes ISO les plus connues dans notre paysage économique sont celles ayant trait à la qualité (9000 à 9099) que l'on retrouve souvent sur les affiches de communication des firmes.
La 33e Assemblée Générale de l'Organisation internationale de normalisation (ISO) s'est réunie à Oslo (Norvège) du 13 au 18 septembre 2010, en présence de 98 comités membres nationaux et de plus de 127 pays représentés. A l'occasion de cette Assemblée Générale, les délégués ont voté à plus de 93%, en faveur de l'adoption du projet de Norme ISO 26000 sur la responsabilité sociétale.
La Norme ISO 26000 présente des lignes directrices pour tout type d'organisation cherchant à assurer la responsabilité des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et sur l'environnement, se traduisant par un comportement transparent et éthique qui:
- contribue au développement durable, y compris la santé et le bien-être de la société
- prend en compte les attentes des parties prenantes
- respecte les lois en vigueur et est compatible avec les normes internationales
- est intégré dans l'ensemble de l'organisation et est mis en oeuvre dans ses relations internes et externes à l'organisation.
De ce point de vue, cette norme vient combler un vide et renforce la gouvernance des organisations surtout internationales qui, de par leur puissance financière et commerciale, échappent au contrôle des gouvernements. La crise financière récente est passée par là!
Un exemple plus préoccupant et proche de nous est celui des opérateurs de téléphonie mobile qui installent des antennes-relais à tour de bras et de manière anarchique sans tenir compte des effets de leurs décisions sur la santé et le bien-être des populations. A quand les premières certifications ISO 26000 des opérateurs de téléphonie mobile?
Pour l'organisation de certification, l'élaboration de la norme ISO 26000 pose un défi de taille, celui de sa capacité à développer les compétences requises pour pouvoir trancher sur des questions épineuses pour lesquelles le consensus n'est pas acquis, comme celle des dangers que font peser les émissions "types Téléphonie Mobile", c'est à dire le téléphone portable, les antennes relais GSM, l'UMTS ou 3GSM, les ondes Wifi, le Wimax, le Bluetooth, le téléphone sans fil, etc. sur la santé des populations.
dimanche, octobre 3
Le Partenariat Public Privé et son utilité pour la croissance
Une simple recherche sur Google à partir des mots clés "Partenariat Public Privé" fait apparaître le concept 53 millions de fois en 0,24 secondes. Cela donne une idée de l'intérêt que suscite le concept dans la littérature contemporaine. Qu'est-ce que c'est et quelle est son utilité pour le développement et la croissance de nos économies?
Le Partenariat Public Privé (PPP) se définit comme toute activité ou projet entrepris de manière conjointe par un acteur public (l'Etat, le partenaire technique et financier pour le compte de l'Etat ou la collectivité publique) et un acteur privé (une association professionnelle, une société privée - grande, moyenne ou petite - une fondation, un institut, une Organisation Non-Gouvernementale (ONG), etc.) dans le but de fournir un service ou un produit jugé critique aux autres membres d'une communauté ou d'une chaîne de valeur économique. Le secteur public apporte les ressources dont il a la maîtrise et susceptibles de réduire les risques liés à l'activité ou au projet en vue (par exemple, les infrastructures, le terrain, les services de vulgarisation agricole, la garantie financière, etc.) et l'acteur privé, le savoir faire, l'efficacité, la créativité, l'innovation (par exemple, un processus de fabrication, un réseau de distribution, l'expertise, l'accès au financement et au marché, la capacité de mobilisation de ressources, etc.) qui le caractérisent de manière à être compétitif sur les marchés. Il est attendu que le secteur privé prendra le relais pour inscrire l'activité ou le projet dans la durée, l'acteur public jouant simplement le rôle de catalyseur.
L'approche est innovante (basée sur une division des tâches et un partage des risques) et inclusive car elle reconnaît à chaque acteur des atouts spécifiques et les valorise pour assurer des performances supérieures tout en veillant à une répartition optimale des risques entre secteur public et privé, chacun supportant le risque qu'il maîtrise le mieux. C'est donc un instrument qui met en orchestre les leviers essentiels de la compétitivité et de la durabilité: avantages concurrentiels, efficacité, performances supérieures, maîtrise de risques.
Apparu dans les années 90 en Angleterre, cet instrument a permis au gouvernement britannique de confier à des entreprises privées, la mission globale de construire, de maintenir et de gérer des ouvrages et des équipements publics et services concourant aux missions de service public de l'administration. Les avantages sont mutuellement bénéfiques (gagnant-gagnant): la collectivité publique reçoit des services jugés critiques et qui faisaient défaut, les entreprises font des profits, ce qui leur permet de faire des investissements nouveaux et durables.
Depuis, il a pris plusieurs formes en fonction des pays, des secteurs d'activités et des contingences. Dans l'agriculture, on peut envisager les modèles suivants:
- l'accès au marché: l'état ou la collectivité locale peut aider une firme leader dans la distribution ou la transformation de produits locaux à améliorer la qualité de son produit, à étendre son réseau de distribution dans la région par exemple à condition que cette firme garantisse l'accès au marché pour les petits producteurs pris en otage par les intermédiaires.
- l'accès aux intrants: l'état ou la collectivité locale peut collaborer avec une association professionnelle ou un groupement ou une firme leader à assurer son approvisionnement régulier en matière première en mettant le partenaire privé en relation avec des groupes de producteurs et en prenant en charge les frais de formation des petits producteurs afin qu'ils adhèrent au cahier de charges du produit et respectent les engagements contractuels. La firme participerait à la mise en place de mécanismes d'accès aux intrants et au financement pour les petits producteurs à travers leurs associations.
- l'accès au financement: l'état ou la collectivité locale peut collaborer avec les institutions financières par la mise en place ou la prise en charge partielle d'une assistance technique résidente (2 à 3 ans) visant à aider les institutions à développer des produits spécifiques de financement des chaînes de valeurs agricoles jugées critiques pour la sécurité alimentaire des populations (le bétail, la volaille, le riz, le mil, le sorgho, le maïs, les fruits et légumes, le fonio, les tubercules, etc.).
- l'accès aux systèmes de qualité et de marché au plan régional: la création d'une bourse céréalière régionale en partenariat avec le secteur privé en est une parfaite illustration.
On peut aussi citer des modèles pour l'accès aux semences améliorées (avec les instituts de recherche), à l'information de marché (avec les opérateurs de téléphonie mobile et les fournisseurs d'applications), aux infrastructures de marché et de conservation, aux équipements, etc.
La force du PPP réside dans le fait qu'il n'y a pas de modèles préétablis qui s'appliqueraient à toutes les circonstances. L'instrument fait énormément appel au jugement, à la créativité et aux engagements des acteurs. C'est pour cela qu'il est passionnant. C'est aussi pour cela que je m'intéresse.
lundi, août 16
Nouvelle cartographie de la richesse mondiale
Le rapport semble indiquer que les bonnes performances de la Chine et de l'Inde ont eu un retentissement significatif sur le reste du monde en développement. Il aurait fallu seulement un peu plus de 30 ans pour faire basculer la situation. En 2000, les pays en voie de développement - le terme consacré - ne comptaient que pour 40% dans la création de la richesse mondiale.
En effet, les pays émergents ont des impacts majeurs sur le commerce mondial et la configuration des investissements, créant ainsi des opportunitées nouvelles pour les pays non émergents. Il est évident que seuls ceux qui auront perçu le changement et fait preuve d'anticipation en mettant en oeuvre des stratégies hardies de captation et de valorisation des ressources nouvelles tireront le meilleur profit pour la prospérité de leur économie et de leur population. Les "liens sud-sud", commerciaux, d'aide au développement et d'investissement, sont une source de savoir et de financement de plus en plus importante pour le développement. Pour réaliser des investissements dans nos pays afin de soutenir la croissance et des emplois durables, les options sont aujourd'hui possibles. En d'autres termes, les décideurs ont le choix, ce qui n'était pas le cas, il y a une vingtaine d'années.
La nouvelle cartographie présente aussi l'avantage de préciser le cadre conceptuel et d'analyse. Désormais, on parle de pays développés, de pays émergents et de pays non émergents.
Lire le texte complet:
http://www.oecd.org/document/14/0,3343,fr_2649_33959_45469838_1_1_1_1,00.html
lundi, juin 7
Et si le label de qualité était le sésame
Une question que les développeurs se posent souvent en phase de formulation d'un nouveau programme est par quel bout prendre pour générer des résultats faciles susceptibles d'enclencher la dynamique de succès. Les anglo-saxons appellent ceci le « low hanging fruit » ou le « quick win».
Et si le label de qualité était le sésame ! Actif immatériel, le label de qualité est une proposition de valeur pour le consommateur. Il atteste qu'un produit possède un ensemble de caractéristiques spécifiques établissant un niveau de qualité supérieure à celle d'un produit courant similaire. Il n'a de valeur effective que de par son effectivité ou sa capacité à cristalliser et à satisfaire les attentes du consommateur qui décide de le plébisciter.
Les expériences que nous avons connues dans la région au plan de l'agriculture tendent à en faire un bien public, c'est à dire relevant plus des affaires de l'Etat. Son développement et sa promotion requièrent des moyens qui souvent ne sont pas à la portée des petites entreprises qui le valorisent peu et préfèrent investir dans les valeurs tangibles (machines, équipement, bâtiment, etc.). L'expérience de Madagascar nous invite cependant à une remise en cause de cette approche et démontre que le secteur privé peut valablement investir dans le label pour être plus compétitif sur les marchés et faciliter sur une base commerciale, l'accès durable des petits producteurs dans l'économie formelle et l'amélioration de leur bien-être.
La société privée d'exportation de produits agricoles de Madagascar Faty Export a mis a
u point et expérimenté dans ses propres exploitations de litchi et d'oignon en 2008 un Référentiel de Développement sous l'appellation Hygiène, Organisation, Restauration de l'Environnement et de Biodiversité (Horeb). Ce référentiel fondé sur une démarche qualité s'appuie sur une analyse des risques, depuis la production jusqu'à la commercialisation et assure la traçabilité des produits selon les exigences des marchés, surtout au niveau régional et international. Pour le litchi par exemple (produit d'exportation de Madagascar), il commence depuis les pieds de litchis, en passant par la cueillette des fruits, le transport et la manutention, la réception et le traitement - conditionnement des fruits.
Le label Horeb est basé sur des indicateurs qui s'articulent autour du Commerce Equitable et Durable, notamment l'amélioration du revenu des agriculteurs et leur bien-être (santé, hygiène, mortalité, etc.), l'augmentation des arbres mis en terre dans le cadre du reboisement et la diminution des arbres abattus, l'accroissement de la demande de produits sous le référentiel Horeb, la hausse des produits aux normes sur le marché local et international.
Grâce au soutien des partenaires techniques et financiers, la société a engagé des actions de promotion du label Horeb à travers la participation aux foires et missions économiques. De son côté, la société a engagé une campagne de sensibilisation en direction des producteurs locaux sur des filières spécifiques et aussi en direction des consommateurs afin de consommer les produits labélisés Horeb.
Le résultat a été immédiat. Le processus a radicalement changé le comportemen
t de tous les acteurs en matière d'hygiène, de sécurité sanitaire et de protection de l'environnement et même de collaboration entre les divers acteurs. Au cours des deux années précédant la mise en place du label, le litchi malgache était classé dans la catégorie du tout venant dans les pays voisins. Les fruits n'étaient pas calibrés et leurs couleurs n'étaient pas identiques. De ce fait, le prix du litchi malgache se vendait très en-dessous de celui de l'Afrique du Sud, soit 50 centimes au lieu d'un euro le kilo. De plus, 5 à 10% du volume exporté était rejeté. Sous l'appellation Horeb, les prix se sont envolés atteignant les niveaux de 3,0 euros le kilo pour les primeurs. De même, l'exportation de l'oignon jadis inexistante a pris de l'envol. Faly Export exporte aujourd'hui vers les Iles Maurice et de la Réunion, l'Afrique du Sud et les Emirats Arabes Unis. Trois entreprises d'importation mauriciennes ont fait confiance à ce référentiel et ont signé des contrats commerciaux de 3.000 tonnes d'oignons avec Faly Export.
Un protocole de production et un accord de partage des bénéfices lient Horeb aux paysans travaillant sous le label. Export Faly s'est engagé à acheter toute leur production. En plus, les paysans qui respectent l'itinéraire technique Horeb peuvent exporter directement sur le marché mauricien, ce qui n'était pas envisageable quelques années plus tôt. L'autre incitation est venue de semences. Grâce à l'aide des partenaires techniques et financiers, la société a acquis des semences améliorées susceptibles d'accroître les rendements et de réduire les pertes après récolte, ce qui en dernier ressort se traduit par une augmentation de revenu pour les petits paysans.
Belle illustration de partenariat public privé (PPP) pour le développement du secteur privé, l'intégration des petits producteurs à l'économie formelle et la prise en charge des problèmes brûlants de sécurité sanitaire des aliments. Un tel projet requiert au préalable la mise en place d'un organisme d'homologation qui généralement manque dans le paysage de l'économie agricole dans notre région.
jeudi, avril 15
L'Afrique milliardaire
Quels impacts cette vigueur démographique aura-t-elle sur les trajectoires économique, sociale et politique de l'Afrique aujourd'hui économiquement marginalisée?
C'est le thème d'un débat lancé par l'Agence Française de Développement (AFD) à l'occasion du cinquantenaire des indépendances africaines.
C'est une problématique qui ne peut que susciter notre intérêt. L'évolution démographique est aujourd'hui encore présentée comme un frein au développement de l'Afrique. A travers le même paradigme, les analyses économiques jusqu`à recemment ont présenté la taille de la population en Asie comme la source principale de la pauvreté et de la vulnérabilité des populations.
A l'évidence, ce que nous observons aujourd'hui est aux antipodes de ce qui est annoncé. L'Asie affiche un dynamisme économique sans pareil dans le monde. Le moment semble-t-il est venu de jeter un autre regard sur nos milliards d'habitants qui peuvent constituer de vrais gisements de croissance si nous savons nous y prendre.
Au premier rang des challenges, se trouve la question de la sécurité alimentaire et du rôle que l'agriculture, en particulier le secteur privé (voir l'article sur le secteur privé agricole) doit jouer pour la transformation économique et sociale de l'Afrique sub-saharienne.
vendredi, août 28
Les Agro-entrepreneurs
valeur commercialement viable. En d'autres termes, faire que investir dans l'agriculture soit durablement rentable. Cela passe nécessaire par un partenariat fécond entre le secteur public et le secteur privé. La Politique Agricole de la CEDEAO (ECOWAP) et le Programme Régional d'Investissement Agricole (PRIA) en cours de préparation en ont fait des principes qui vont fonder les stratégies de mise en oeuvre.lundi, juin 8
Appel pour une vraie réforme de la gouvernance financière mondiale
Comme vous l'aurez constaté, je n'ai pas l'habitude de relayer les articles écrits par les autres sur ce site. Mais, après avoir lu cette note d'information de l'OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), je n'ai pu m'empêcher de le faire, tellement je me suis senti proche des positions prises.
En décembre dernier, dans la note de vœux formulés à l'adresse des amis et lecteurs, j'écrivais :
« L'année 2008 s'achève dans un contexte extrêmement difficile et on peut penser que les ondes de choc se feront sentir chez nous dans les mois à venir. Une motivation supplémentaire pour nous inciter à plus de raison (penser autrement), d'efficacité et de discipline ».
Comme on le prévoyait, la crise financière s'est doublée d'une crise économique aiguë, voire une récession pour plusieurs économies, y compris les pays du Nord. Au Sud, les entreprises exportatrices ont revu leurs prévisions à la baisse. Le secteur du tourisme agonise et le volume des transferts en provenance des émigrés s'est contracté. Au niveau de l'union, les banques commerciales qui, pendant longtemps ont boudé la BCEAO, se bousculent au portillon de l'institution d'émission et de régulation pour vendre leurs titres de créances sécurisées (obligations et bons de trésor, titres émis par les établissements de crédit, etc.), pour retrouver un peu de liquidité. Les mécanismes de décaissement de l'appui d'urgence du FMI décidé au G 20 de Londres et récemment de la BAD pour soulager les économies émergentes en détresse ne sont pas encore connus et le stock de dettes intérieures s'amplifie. C'est dire que ce n'est pas demain la veille. Il est à craindre que les prochaines phases soient marquées par des pertes massives d'emplois et une précarité généralisée.
Bonne lecture!
La CNUCED et l'OIF pour une « vraie réforme » de la gouvernance financière mondiale
Les cours des principales places boursières, orientés à la hausse depuis quelques semaines, ne doivent pas induire en erreur. Non seulement la crise financière mondiale n'est pas terminée mais ses effets sur l'économie réelle seront persistants et auront un coût social et humain très élevé, surtout dans les pays les moins favorisés.
Tel est le constat du premier symposium public de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), organisé du 18 au 19 mai à Genève. A cette occasion, l'Organisation internationale de la Francophonie a pu exprimer devant les participants une conviction qu'elle s'est forgée dès le début de la crise : la récession touchera avant tout les millions de personnes vivant dans les pays en développement et qui sont déjà en temps normal confrontés à des conditions de vie particulièrement difficiles. C'est en priorité pour eux que doit être réalisé le nécessaire effort de réforme de la gouvernance financière mondiale.
Pour aider les populations du Sud, il devient urgent de mettre en place un système de régulation financière planétaire, opérationnel, efficace et suffisamment représentatif et de convenir d'un mécanisme d'effacement de la dette. Les populations de nos Etats-membres attendent que l'on passe des déclarations d'intentions aux actions concrètes. Comme l'a déclaré le Secrétaire général de la CNUCED, M. Supachai Panitchpakdi, « nous devons mettre en œuvre de vraies réformes, nous ne pouvons pas nous contenter de changements cosmétiques ».
Les données économiques dont nous disposons sont plus qu'inquiétantes et devraient également nous pousser à l'action. Alors que les dernières prévisions économiques du Fonds monétaire international (FMI) font état d'une croissance limitée à seulement 1,5% en Afrique subsaharienne pour 2009 (contre 5,5% en 2008), ce sont les revenus liés au travail et les revenus de transfert qui risquent de chuter brusquement, faisant plonger des millions de personnes dans une extrême pauvreté.
Dans ce contexte peu réjouissant, on ne peut que se féliciter de l'engagement des institutions financières multilatérales, comme le FMI et la Banque mondiale, à augmenter le volume de leurs prêts concessionnels et à simplifier leurs conditions d'attribution. Cependant, l'action conjoncturelle, aussi nécessaire et impérative soit-elle, ne doit pas faire oublier que la crise a des causes structurelles et que c'est donc sur les fondations du système financier qu'il convient d'agir.
L'OIF considère pour sa part qu'il serait dommageable de laisser passer une telle occasion de réforme alors que la Communauté internationale est comme jamais mobilisée contre la crise et que le G20 de Londres a donné vie à un consensus pour l'action.
Tharcisse URAYENEZA,
Directeur du Développement durable et de la Solidarité de l'OIF
Faites-nous part de vos réactions en nous adressant vos commentaires à : vaconseils@gmail.com, attention : Vincent Akue.