lundi, juin 8

Appel pour une vraie réforme de la gouvernance financière mondiale

Comme vous l'aurez constaté, je n'ai pas l'habitude de relayer les articles écrits par les autres sur ce site. Mais, après avoir lu cette note d'information de l'OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), je n'ai pu m'empêcher de le faire, tellement je me suis senti proche des positions prises.

En décembre dernier, dans la note de vœux formulés à l'adresse des amis et lecteurs, j'écrivais :

« L'année 2008 s'achève dans un contexte extrêmement difficile et on peut penser que les ondes de choc se feront sentir chez nous dans les mois à venir. Une motivation supplémentaire pour nous inciter à plus de raison (penser autrement), d'efficacité et de discipline ».

Comme on le prévoyait, la crise financière s'est doublée d'une crise économique aiguë, voire une récession pour plusieurs économies, y compris les pays du Nord. Au Sud, les entreprises exportatrices ont revu leurs prévisions à la baisse. Le secteur du tourisme agonise et le volume des transferts en provenance des émigrés s'est contracté. Au niveau de l'union, les banques commerciales qui, pendant longtemps ont boudé la BCEAO, se bousculent au portillon de l'institution d'émission et de régulation pour vendre leurs titres de créances sécurisées (obligations et bons de trésor, titres émis par les établissements de crédit, etc.), pour retrouver un peu de liquidité. Les mécanismes de décaissement de l'appui d'urgence du FMI décidé au G 20 de Londres et récemment de la BAD pour soulager les économies émergentes en détresse ne sont pas encore connus et le stock de dettes intérieures s'amplifie. C'est dire que ce n'est pas demain la veille. Il est à craindre que les prochaines phases soient marquées par des pertes massives d'emplois et une précarité généralisée.

Bonne lecture!

La CNUCED et l'OIF pour une « vraie réforme » de la gouvernance financière mondiale

Les cours des principales places boursières, orientés à la hausse depuis quelques semaines, ne doivent pas induire en erreur. Non seulement la crise financière mondiale n'est pas terminée mais ses effets sur l'économie réelle seront persistants et auront un coût social et humain très élevé, surtout dans les pays les moins favorisés.

Tel est le constat du premier symposium public de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), organisé du 18 au 19 mai à Genève. A cette occasion, l'Organisation internationale de la Francophonie a pu exprimer devant les participants une conviction qu'elle s'est forgée dès le début de la crise : la récession touchera avant tout les millions de personnes vivant dans les pays en développement et qui sont déjà en temps normal confrontés à des conditions de vie particulièrement difficiles. C'est en priorité pour eux que doit être réalisé le nécessaire effort de réforme de la gouvernance financière mondiale.

Pour aider les populations du Sud, il devient urgent de mettre en place un système de régulation financière planétaire, opérationnel, efficace et suffisamment représentatif et de convenir d'un mécanisme d'effacement de la dette. Les populations de nos Etats-membres attendent que l'on passe des déclarations d'intentions aux actions concrètes. Comme l'a déclaré le Secrétaire général de la CNUCED, M. Supachai Panitchpakdi, « nous devons mettre en œuvre de vraies réformes, nous ne pouvons pas nous contenter de changements cosmétiques ».

Les données économiques dont nous disposons sont plus qu'inquiétantes et devraient également nous pousser à l'action. Alors que les dernières prévisions économiques du Fonds monétaire international (FMI) font état d'une croissance limitée à seulement 1,5% en Afrique subsaharienne pour 2009 (contre 5,5% en 2008), ce sont les revenus liés au travail et les revenus de transfert qui risquent de chuter brusquement, faisant plonger des millions de personnes dans une extrême pauvreté.

Dans ce contexte peu réjouissant, on ne peut que se féliciter de l'engagement des institutions financières multilatérales, comme le FMI et la Banque mondiale, à augmenter le volume de leurs prêts concessionnels et à simplifier leurs conditions d'attribution. Cependant, l'action conjoncturelle, aussi nécessaire et impérative soit-elle, ne doit pas faire oublier que la crise a des causes structurelles et que c'est donc sur les fondations du système financier qu'il convient d'agir.

L'OIF considère pour sa part qu'il serait dommageable de laisser passer une telle occasion de réforme alors que la Communauté internationale est comme jamais mobilisée contre la crise et que le G20 de Londres a donné vie à un consensus pour l'action.

Tharcisse URAYENEZA,

Directeur du Développement durable et de la Solidarité de l'OIF

Faites-nous part de vos réactions en nous adressant vos commentaires à : vaconseils@gmail.com, attention : Vincent Akue.

samedi, mai 16

Financement des PME en Afrique de l'Ouest: les lignes vont bouger.

Je voudrais commencer par donner quelques indicateurs pour illustrer la situation de l'accès aux services financiers dans la région ouest africaine:

1. En Afrique de l'Ouest, le taux de bancarisation dépasse à peine 10%. Dans les pays émergents d'Afrique (Tunisie, Afrique du Sud, Botswana, Namibie), il atteint 60%.

2. En 2007, le volume des crédits accordés par le secteur bancaire au Sénégal, qui demeure la principale source de financement des entreprises après les crédits interentreprises, se monte à 1 300 milliards de FCFA. Ce volume correspond à moins de 20% du PIB contre 65% pour la Tunisie. Le commerce absorbe au moins 50% de ce volume.

3. La contribution des PME dans le PIB est estimée à 33%. Cependant, les PME ne recoivent que 15% des financements bancaires, soit environ 200 milliards contre un besoin estimé à 765 milliards de FCFA.

4. A fin 2007, Le volume de concours accordés par les banques au Sénégal ne représente que le double des crédits accordés par les Systèmes financiers décentralisés (SFD) aux PME, soit environ 200 milliards de FCFA contre 100 milliards de FCFA. Les SFD sont très actifs dans le financement des petites entreprises qui, pour l'essentiel opèrent dans le secteur dit informel.

4. Au moins 50% des crédits accordés sont de nature courte. Les crédits long terme sont faibles et représentent 5% des crédits à la clientèle.

5. Le nombre de cartes bancaires en circulation dans la zone UMOA est estimé à 150 000 comparé à 2,5 millions pour le Maroc et 1 million pour la Tunisie.

Ces indicateurs confirment les préoccupations regulièrement exprimées par les entrepreneurs qui identifient l'accès au financement et le coût du crédit comme les contriantes majeures au développement et à la compétitivité des PME de la région.

Plusieurs causes expliquent pourquoi le secteur bancaire n'arrive pas à apporter une réponse adéquate aux besoins des entreprises, les PME en particulier. Parmi elles, on peut citer:

. l'environnement des affaires peu favorable à la production de crédits en faveur des PME (système judiciaire, système foncier, cadre réglementaire inadapté qui favorise la prégnance du secteur informel, etc);
. Coût élevé des transactions et faible productivité des facteurs et en définitve, faible rentabilité des activités;
. Une réglementation bancaire jugée trop contrainte pour les crédits à la PME (régles prudentielles);
. Une faible mobilisation de l'épargne locale et régionale;
. La perception de haut risque attachée aux PME , sans que l'on soit réellement en mesure de faire la part entre la méconnaissance des PME par le secteur bancaire et l'asymétrie de l'information (absence d'états financiers et de plan de développement, incapacité à lier les crédits à leurs objets et à les suivre, marché atomisé et non organisé, etc.) qui poussent les banques à resserrer les crédits et à prendre une position de prudence.

Cependant, deux évenements semblent préciter les choses: le relèvement du capital minimum des banques (passent de 1 milliard à 10 milliards de FCFA) et surtout l'arrivée sur le marché des grandes banques dotées de moyens plus importants et de savoir-faire avéré dans le financement des PME.

Ainsi, assiste-t-on à deux mouvements convergents: la ruée des banques nigériannes (UBA, Diamond Bank, Access Bank) et le déploiement impressionnant des banques du Maghreb (Attijariwafa Bank et BMCE) qui ont déjà abordés trois autres banques de la place de Dakar. Ces banques en croissade cherchent à valoriser leurs fonds propres qui dépassent 125 millions d'Euros (capital minimum requis pour les banques au Maroc et au Nigeria, soit 10 fois la taille requise des banques dans la zone UMOA).

Tout porte à croire que ce "couplage" va créer une incitation supplémentaire dans le marché et que les lignes vont bouger pour le salut de la PME dans la région. Le mouvement pourrait ête accéléré par un assouplissement des mesures réglementaires encadrant le crédit aux PME, notamment les mesures de pondération des risques PME.

Aussi, tirant les leçons de la recente crise, nous devons comprendre que le marché à lui seul ne suffit pas à donner les impulsions justes pour un développement équitable et équilibré intégrant les petits producteurs/opérateurs dans l'economie. L'Etat et les partenaires techniques doivent anticiper et prendre les mesures idoines qui s'imposent maintenant afin de favoriser un développement durable du secteur privé, moteur de la croissance. Ces mesures sont déjà identifiées et connues des décideurs: amélioration de l'environnement des affaires, développement des entreprises et des marchés: appui à l'amélioration de la compétitivité des entreprises dans les filières structurantes, l'agriculture et les énergies en premier, le développement des marchés intérieurs et régionaux, l'investissement dans les infrastructures collectives (public goods), l'innovation et les compétences distinctives défendables (actifs intangibles), l'appui à la diverfication du marché financier et la publication régulière d'informations sur le secteur des PME.

Il est anticipé que les banques répondront favorablement en mobilisant le savoir-faire nécessaire pour une plus grande mobilisation de l'épargne et le développement d'une offre de produits et services compétitifs dans des conditions de risques et de rentabilité améliorées.

vendredi, janvier 2

Repositionnement à l'international d'Attijariwafa Bank

Attijariwafa Bank devient un acteur de poids en Afrique de l’ouest. Cliquer sur l’URL suivant pour lire les derniers développements : http://maghrebinfo.actu-monde.com/archives/article1332.html.

Cette dynamique risque cependant d’être bousculée par l’appétit des banques nigérianes qui ont aussi fait le choix d’étendre leurs opérations dans ce qu’elles considèrent désormais comme leur marché naturel et un eldorado.

A ces initiatives, il faut ajouter l’arrivée sur le marché d’acteurs non financiers comme les opérateurs de téléphonie mobile et de télécommunication (le test de Orange Money au Sénégal, après la Côte d’Ivoire, est prévu pour le second trimestre de 2009 – SOLID, fournisseur de services informatique et Télécom, a mis depuis quelque temps son produit en test au Sénégal avec une institution de microfinance) qui proposent des solutions de Mobile Banking - le téléphone mobile comme support de distribution - par SMS. De quoi donner le tournis au banquier classique.

Pour les opérateurs économiques, cette concurrence ne peut être que salutaire. On devrait donc s’attendre à une reconfiguration du paysage financier en Afrique de l’ouest, mais aussi à une amélioration de l’accès aux services financiers dans la sous-région, qui affiche un des plus faibles taux de bancarisation au monde: moins de 7%.

lundi, décembre 29

Social Business en Afrique, une nouvelle dynamique

La communauté des affaires commence à faire l'unanimité sur le fait qu'on ne peut pas faire le business de manière durable si on n'intègre pas les questions de développement avec celles de la création d’emploi, la promotion du capital humain et la préservation de l'environnement: "the pursuit of profits had to be tempered by care for the environment and concern for people - both now and in the future, ....not as an option but as a necessity to survive. ". D’où le concept de Développement social et économique.

La nouveau réside dans le "comment le faire": autrement. Pas comme jadis, par le biais des dons et des chèques de charité, mais à travers les solutions de marché durables, capables d'être répliquées à échelle et qui produisent des impacts positifs sur les conditions de vie des populations. Ainsi, s’oriente-t-on vers l'entreprenariat ou des initiatives « which seek to maximize both financial return and social good". Les initiatives au niveau décentralisé semblent produire des résultats spectaculaires et devraient être privilégiées. L’exemple que je cite souvent est celui de Danone avec son initiative au Bengladesh : le yaourt Shoktidoi de Grameen Danone Foods (http://www.danone.com/fr/actualites/focus/grameen-danone-food.html), et celle au Sénégal : la laiterie du Berger (http://new.danonecommunities.com/fr/lalaiterieduberger?detail=more).

Dans ce genre d’initiative, on recherchera le profit, pas nécessairement pour distribution sous forme de dividendes, mais pour investir dans le « public good ». Elle repose aussi sur le partenariat pour accéder au marché, à la technologie et au financement. L'investissement qui a servi à financer doit cependant être remboursé. On recherchera alors des initiatives innovantes susceptibles de générer des profits pour investir dans les actifs collectifs : une unité de transformation de produits de base, par exemple ou le transport en commun. On en vient donc à développer deux instruments complémentaires: le Social Business Ventures et son véhicule financier : le Socially Responsable Investing.
Il y a encore très peu d'expériences de Social Business en Afrique. Elles ne sont pas très nombreuses en Europe non plus. Aux USA, les expériences qui marchent sont celles qui se développent aux Etats Unis même. L'idée est de créer un développement plus équilibré, surtout dans les communautés défavorisées. Shorebank est le leader dans le domaine.

Voici quelques URL à visiter pour les expériences existantes:
The Low Income Investment Fund: http://www.liifund.org/
The Community First Fund: http://www.commfirstfund.org/
Entreprise Coorporation of the Delta: http://www.ecd.org/
Noaber Foundation: http://www.noaber.com/Page/sp189/nctrue/Index.html,
ARTEMESIA, Social Business Model: http://www.artemisiafoundation.org/partners.php. Ils ont des activités au Sénégal (Synapse Center), au Brésil et en France.
Development Partners International, Africa Private Equity Initiatives: http://www.africanloft.com/development-partners-international-africas-private-equity-initiative/
The Shell Foundation - Aspire: GroFin’s Africa fund and the “missing middle” http://www.shellfoundation.org/pages/core_lines.php?p=about_us_content&page=origins. Ils ont des opérations au Ghana, en Afrique du Sud, au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda, au Rwanda et au Nigéria.

Une nouvelle dynamique est en marche. Pour ma part, je souhaite participer activement à la sensibilisation afin que nous puissions l’intégrer dans nos choix de développement. Pour les personnes ou chercheurs qui s’intéressent aux questions du développement et de son financement, j’espère que ces pistes seront utiles.
L’année 2008 s’achève dans un contexte extrêmement difficile et on peut penser que les ondes de choc se feront sentir chez nous dans les mois à venir. Une motivation supplémentaire pour nous inciter à plus de raison (penser autrement), d’efficacité et de discipline.

BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2009

lundi, novembre 10

Quel modèle économique pour le développement local?


La décentralisation en tant que facteur de consolidation de la démocratie et de promotion du développement local est une exigence pour la création de richesse, la participation des populations et la réduction de la pauvreté. Si on observe que les politiques publiques font désormais une part importante au transfert des compétences, on déplore dans la plupart de nos pays, l’absence de transfert de ressources qui limitent les ambitions. Les évidences indiquent qu’on ne devrait pas s’attendre à une amélioration sur cette question dans le moyen terme vu l’état de déliquescence dans laquelle se trouvent les caisses publiques. Il s’y ajoute que la crise financière internationale va se traduire sans nul doute par un fléchissement significatif de l’aide publique au développement. Il est donc impérieux de penser autrement et de faire bouger les lignes sur la problématique de la réalité du développement local et de son financement.

Lors d’un récent atelier organisé au Sénégal sur l’élaboration de la politique sectorielle de la PME, atelier auquel j’ai participé comme personne ressource sur les questions d’accès au financement des PME, j’ai soumis au groupe de travail, une proposition visant à créer une fonds d’investissement de proximité, un véhicule financier visant à mobiliser les ressources de particuliers ressortissant des régions. Je pensais beaucoup aux émigrés et aux autres investisseurs nationaux qui jusqu’ici, pour des raisons évidentes, se focalisent sur Dakar, la capitale et le plus grand marché du pays.

Si le groupe a reconnu la justesse de ma proposition, il m’a mis en défaut sur sa pertinence. L’argument avancé est que, ce dont les collectivités ont le besoin, c’est avant tout, la capacité à élaborer de véritables programmes de développement et d’ingénierie financière d’entreprises. Le groupe estime que si ces conditions sont remplies, le problème de financement ne devrait pas se poser vu qu’en même je proposais la création d’un marché de capital investissement pour renforcer les fonds propres des PME dans la tranche de 50 à 200 millions de Fcfa au plan national.

J’ai donc revu ma copie, convaincu qu’il faut une action conjuguée en vue d’une réponse efficace, c'est-à-dire associer les efforts qui sont développés pour promouvoir les opportunités économiques en milieu rural et qui se traduisent par l’émergence d’un secteur privé au niveau local à la promotion de nouveaux instruments financiers avec une constante : le développement des chaînes de valeurs ou d’approvisionnement qui associent, de manière collaborative, les acteurs de toutes tailles (petits producteurs et leurs associations, les petites et moyennes entreprises de biens et de services, les grandes entreprises et les partenaires stratégiques), quelle que soit leur localisation (rural, peri-urbain ou urbain, offshore, etc.), qui concourent à la production et à la compétitivité des produits sur les marchés nationaux, régionaux et internationaux.
En même temps, il faut s’offusquer de l’utilisation du concept d’économie sociale lorsque l’on parle du développement local. Cette conception donne une caractérisation qui peut faire penser que les métropoles sont créatrices de richesse et les régions, les demandeurs de pitance et de charité. Cf. mon article du 20 mai 2006 intitulé : « Mission Impossible pour la PME – Influence de l’école occidentale ou absence de rigueur ». Ce paradigme est préjudiciable aux efforts de développement.
Pensez à l’image réductrice qu’on colle à la microfinance : c’est la banque des pauvres. Dans l’administration, le développement local est souvent associé au développement social. Dès qu’on commence à penser développement local, c’est le « flou absolu dans notre tête », tout simplement pare que nous ne disposons pas de grille d’analyse adaptée. Nous ne sommes pas outillés pour ce travail et la facilité nous commande de prendre par le bout le plus facile : la charité qui veut dire donner sans attendre un retour. Alors que le développe exige des choix, une démarche logique de construction, dans la durée, qui mobile les acteurs autour d’objectifs partagés de bien-être collectif et futur.

De notre point de vue, il n’y a qu’une seule économie qui prend sa genèse dans un espace national (la territorialité) et qui échange avec le monde. L’urgence nous commande d’élaborer un construit intermédiaire qui lie l’espace aux activités économique et sociale, à l'innovation et aux compétences, ce que j’appellerai le Modèle Economique. Il permet de déterminer et d’opérationnaliser le plan de transformation d’une zone économique. Mobilisons nos énergies et ressources pour assister chaque région ou groupe de régions à développer son Modèle Economique et faisons de nos élus, de véritables acteurs de promotion économique et sociale, pour le bien-être des populations qui jugeront désormais sur les résultats.

Il est en effet certain qu’un modèle économique gagnant a de fortes chances de trouver du financement. Cependant pour aligner les flux financiers sur les flux physiques et faciliter la fludité des transactions, nous devons améliorer la palette de véhicules et d’instruments en développant les produits alternatifs de financement de filière et de proximité tels que le crédit bail, le capital risque, les fonds communs de placement associés à des incitations fiscales pour attirer dans les collectivités locales, l’épargne des émigrés et des investisseurs locaux. Les investissements socialement responsables offrent également d’excellentes perspectives. Ils permettent à l’investissement direct étranger (IDE) et aux grandes marques internationales, de développer au niveau régional, des entreprises d’envergure en mettant en valeur les ressources du terroir, pour créer de la richesse et des emplois, tout en préservant l’environnement.

La viabilité des modèles économiques dépendra in fine de la capacité des états à créer un environnement et des conditions favorables au développement des affaires, à créer une véritable dynamique de croissance, à améliorer les infrastructures collectives et la qualité des ressources humaines, toutes choses qui contribuent à réduire les risques économiques et le coût des transactions, seuls dénominateurs communs de la compétitivité des entreprises. Au Sénégal, il me semble qu’une coalition CEPOD - SCA - APIX, en collaboration avec le secteur privé et les ministères concernés, pourrait valablement conduire ce chantier.

samedi, mai 10

Utilisation de détaillants pour accroître la bancarisation

Je me permets de relayer une étude du CGAP qui reprend les idées déjà avancées dans une de mes notes en date du 16 décembre 2006 sur ce blog. J'ai souhaité la partager avec vous parce qu'elle fait avancer la réflexion en ce sens qu'elle apporte des réponses aux interrogations qu'on peut légitimement avoir. Elle présente également des applications concrètes dans des pays comme le Kenya, l'Afrique du Sud, le Brésil, les Philippines et l'Inde. Elle évoque également les challenges et risques que cette innovation engendre, notamment les questions de sécurisation des transactions, la lutte contre le blanchissement d'argent, l'absence de culture technologique dans les populations pauvres et la réglementation des services bancaires à distance.


Les services bancaires à distance représentent une nouvelle filière qui permet aux institutions financières et autres acteurs commerciaux, notamment les points de vente au détail tels que les épiceries, les pharmacies, les centres de loterie nationale, les magasins de semences et d’engrais, les stations services, les boutiques rurales, etc. de démocratiser et de fournir des services bien meilleur marché. Ce mode de distribution consacre également l'arrivée sur le marché financier d'opérateurs de téléphonie mobile qui non seulement sont de véritables gisements de trésorerie, mais aussi sont détenteurs uniques de plateaux techniques capables de gérer avec célérité, des millions de transactions de petits montants.


Pour les opérateurs de réseau mobile qui offrent des services bancaires et de paiement de
base suivant le modèle non bancaire, c’est un moyen d’accroître les recettes par client (facturation des messages texte et frais de transaction), de percevoir des intérêts sur les soldes des comptes virtuels détenus par leurs clients dans les banques commerciales, et de fidéliser les clients.


Pour les banques et les institutions de microfinance, les avantages sont considérables. Cette fiière permet de réduire considérables le coup des transactions et d'augmenter de manière significtive leur base de clientèle sur des segments qui jusqu'ici leur sont restés inacessibles. Par exemple, même dans les zones rurales, de nombreux pauvres ont accès aux téléphones mobiles bon marché et aux vendeurs d’unités téléphoniques prépayées. Les clients des services bancaires à distance utilisent des téléphones mobiles pour transmettre des instructions de transfert de fonds d’un compte personnel à un autre. Ils utilisent leur abonnement téléphonique pour échanger de l’argent contre sa valeur électronique sur un compte bancaire traditionnel ou virtuel, et inversement

Pour les pauvres et microentrepreneurs jusqu'ici exclus du système financier, les opérations sont moins onéreuses et il est plus facile de faire des transactions tranquillement avec son épicier dans son environnemnt immédiat que de s'exposer aux "intimidations" et complexité de l'environnement bancaire.

Pour lire l'étude au complet, cliquer sur http://www.capaf.org/Telech/CGAP/FocusNote_38_fr.pdf. Bonne lecture!

vendredi, mai 9

Vous avez dit Année sabbatique!

Plus de 12 mois se sont écoulés depuis mon dernier article. Cela ressemble bien à une année sabbatique ou plutôt, à une année d'hibernation. Tout site qui n'est pas régulièrement mis à jour perd de la valeur. Conscient de cela, c'est donc à un travail de reconquête que je vais me livrer en laissant le temps au temps.

Bien que loin de vous, j'ai toujours été proche par les travaux que j'ai continué de mener sur quatre problématiques majeures: le développement de la PME, l'innovation, l'accès au financement des PME et la croissance. L'innovation se trouve au coeur de la compétitivité et la PME dans nos économies émergentes, s'impose désormais comme le levier de la croissance, aidée en cela par le secteur public. Nous assistons à une nouvelle distribution des rôles dans laquelle l'Etat entend durablement mobiliser son appareil pour faire les réformes nécessaires et ses moyens pour lever les contraintes afin de créer un climat favorable aux affaires et promouvoir la compétitivité des entreprises sur le marché local, regional et international. Partout en Afrique où l'Etat a réussi cette métamorphose et à inscrire son action dans la durée et la constance, les changements ont été spectaculaires. Les performances de l'Ile Maurice, le Botwana, l'Afrique du Sud et la Tunisie nous le démontrent à suffisance et rendent l'espoir possible.

Dans les jours et semaines à venir, je me propose d'aborder ces questions avec vous.

A bientôt!

jeudi, février 22

La banque par téléphone cellulaire

Dans un article récent, j'écrivais que des mutations profondes étaient en vue dans le secteur financier, particlulièrement dans la stratégie de distribution des banques. J'indiquais que le mode de distribution, qui a présentement cours (la branche où on doit aller faire une longue queue pour déposer ou retirer son argent ou encaisser un simple chèque ou encore ouvrir un compte) se révele peu productive, aussi bien pour les banques en quête de productivité que pour les clients qui, dans leur grande majorité sont frustrés.
Par la même occasion, j'annonçais que la croissance fulgurante enregistrée dans la téléphonie mobile, particulièrement dans les pays en voie de développement, allait faire école pour le secteur financier. Je croyais que ces jours étaient encore à quelques encablures. Faux! La banque par le téléphone cellulaire est désormais une réalité. Les promoteurs de l'invention sont sont Sud Africans et se nomment Brian Richardson et Charles Rowlinson. Après avoir étudié les pesanteurs du secteur financier, ils sont arrivés à la conclusion que le coût élevé de l'offre et l'accessibilité constituent les obstacles majeurs et expliquent le faible taux de bancarisation des populations.
En collaboration avec SA Bank of Athens, une banque Sud Africaine, il ont lancé un produit révolutionnaire: le Wizzit. Ce qui rend le produit si révolutionnaire est qu'il est destiné au segment le plus bas du marché, c'est à dire les millions de petits porteurs qui aujourd'hui sont exclus du système bancaire. Il s'agit donc d'un produit qui va démocratiser l'accès aux services financiers. Selon les promoteurs, il utilise la technologie du téléphone cellulaire et est peu onéreux. Une transaction devrait couter moins chère que le SMS. Les clients peuvent transférer de l'argent en utilisant leur téléphone cellulaire tout comme on transfère aujurd'hui les crédits d'un téléphone portable à un autre.
C'est dire que les changements annoncés vont être beaucoup plus rapides dans notre paysage fianncier et ils vont sans doute être portés par les mouvements de consolidation (fusion ou achat d'une banche par une autre) qui ont déjà commencé. Le seul crédo sera la productivité et la compétitivité. Dans ce mouvement, les banques les plus avangardistes porteront des projets comme le Wizzit pour le plus grand bonheur des clients particuliers et PME qui jusqu'ici sont laissés pour compte.

lundi, janvier 8

J'ai lu pour vous

Une autre vision de l’Afrique

J’ai lu pour vous un article fort intéressant de Elikia M’Bokolo, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS, Paris).

Selon Elikia M’Bokolo, l’Afrique demeure un continent mal compris. Les visions successives de l’Afrique, essentiellement forgées depuis l’Occident, ne reflètent guère les réalités profondes de l’Afrique. Elles n’ont donc pas aidé à comprendre l’Afrique, ni permis à ses partenaires de contribuer efficacement à sa marche en avant. Il est nécessaire de développer et de promouvoir une autre vision de l’Afrique.

L’Afrique est plurielle: ses composantes sont multiples et les particularités « interdisent de tirer, trop rapidement, de ce qui survient à un endroit des conclusions qui seraient valables pour l’ensemble de l’immense continent ». C’est le contient qui a vu se développer des dynamiques extrêmes et contradictoires au cours de la dernière décennie, particulièrement au plan politique : d’un côté, des avancées significatives dans la consolidation de l’Etat de droit et dans la constitution d’une citoyenneté agissante et de l’autre, « la cristallisation d’espaces voués au travail de la mort et à toutes les figures de l’oppression ».

L’Afrique est aussi un gigantesque vivier de jeunesse : la majorité de sa population née après 1990 et en délicatesse avec son héritage contrasté (l’apartheid, les indépendances, l’étatisme économique ou les régimes despotiques des « partis-Etats ») est prête à relever les défis d’aujourd’hui et de demain afin de faire de l’Afrique, le continent du vingt et unième siècle.

En ce début du XXIe siècle, les raisons d’inquiétude existent et interpellent les consciences collectives: les dérives identitaires, les télescopages de frontière et la « récurrence des drames individuels et collectifs et des violations des droits élémentaires », le gaspillage des ressources. Elles imposent aux Africains, une prise en charge collective si l’Afrique veut refaire son retard dans le développement.
C’est dans la durée qu’il conveint d'inscrire les actions de transformation et de reconstruction de l’Afrique. La frise de l’histoire de l’Afrique au cours du XXe siècle l’illustre à suffisance : une trentaine d’années (de 1944 à 1975) pour obtenir l’émancipation politique du continent, une vingtaine d’années (des années 70 à 90) pour s’affranchir des dirigeants despotiques et se mettre à l’école de la démocratie. Ainsi, l’Afrique disposerait-elle d’une énergie sourde mais irrésistible dans laquelle il convient de puiser pour bâtir sa renaissance.

L’autre vision de l'Afrique invite à cesser de présenter le continent comme « un enfant qu’il faut prendre par la main dans la voie du progrès » car l’Afrique « a besoin qu’on la laisse, en intelligence et en confiance, accomplir son historicité ».
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lundi, décembre 25

Season's Greetings


2007 is on the way. I am grateful to have shared 2006 with you and look forward to continuing so in the coming year.

May your Christmas be wrapped in happiness and wishing you a peaceful and very productive New Year.


All the best.