jeudi, juin 29

Pensée philosophique et économique (02)

Note: cette note constitue la partie 02 de l'article. Par conséquent lire la première partie avant d'aborder celle-ci. Merci pour vos commentaires.
Autant la mondialisation est irréversible, autant la circulation des hommes est implacable. Elles ne peuvent guerre être dissociées et toute tentative de blocage n’est qu’un leurre, voire une vue de l’esprit. A une certaine école qui pense que la fin de l’émigration clandestine peut se décréter, il faut tout simplement rappeler qu’aucun mouvement démographique et social ne peut s’inverser du jour au lendemain. On n’arrête pas les eaux de la mer avec les bras.

En réalité, le mode d’organisation de l’économie mondiale n’a guère changé depuis cinq siècles. Certains pays doivent toujours dicter leurs volontés aux autres. Les donneurs d’ordre n’ont pas changé. Ce qui a changé, c’est le contenu de l’ordre. Auparavant, les pays développés allaient faire le marché de la main d’ouvre, forcée dans un premier temps (l’esclave) et néo-forcée dans un deuxième temps (la colonisation et les migrations massives de populations vers l’occident essentiellement) pour la transporter vers les métropoles en mettant à profit la révolution dans le transport maritime de masse.

Aujourd’hui, on assiste à une déconnexion des marchés de production avec les marchés de consommation. Ces deux types de marché couvrent des réalités différentes. Les marchés de consommation se distinguent par le haut niveau des salaires que les gains de productivité, acquis grâce à la matière grise (l’économie immatérielle ou la nouvelle économie) n’arrivent plus à compenser. Les marchés de production se caractérisent par des coûts de production relativement bas et des niveaux de vie précaires. La stratégie du capital international consiste à faire fabriquer à très bas prix dans les marchés de production pour vendre sur les marchés de consommation à haute valeur ajoutée. Les deux piliers de cette stratégie sont les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) et la révolution dans le transport maritime de marchandises. Cela explique pourquoi les multinationales délocalisent leur production dans les pays en développement qui offrent les garanties de sécurité pour les investissements. Ainsi, la traite prend-elle sa vraie dimension: on transporte uniquement la marchandise, non plus les humains.

Pour les pays à main d’œuvre moins chère, l’émigration a été un ascenseur social et continue d’alimenter le rêve de nombreux jeunes. Les revenus engrangés dans les pays occidentaux par les travailleurs migrants permettent de réaliser des investissements importants dans les pays d’origine et d’assurer les besoins de base de la famille désœuvrée. Rappelons que pour certains pays, les transferts de fonds des émigrés représentent chaque année l’équivalent des budgets nationaux.

Seulement, les données ont changé et il faut du recul pour comprendre les nouvelles règles. La volonté des pays développés est d’inverser la tendance. L’internationalisation de la production et des finances exige une mise en valeur de la main d’œuvre dans les marchés de production, c'est-à-dire les pays émetteurs de main d’œuvre à bas prix. L’immigration clandestine, jadis prospère et tolérée d’un coté et encouragée de l’autre, va connaître des jours extrêmement difficiles. Les vannes seront par contre ouvertes en fonction des besoins spécifiques pour faire face au vieillissement de la population ou au désintéressement des nationaux pour certains métiers. Est-ce cela l'immigration choisie?
Lire la partie 03 pour la suite et fin.

3 commentaires:

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